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Technologies

L'antigel est un composant chimique ajouté à l'eau pour abaisser sa température de congélation et élever son point d'ébullition. Mais la prévention du gel n'est qu'une des missions de l'antigel ou, plus exactement, du liquide de refroidissement. Ce dernier contient d'une part un glycol servant d'antigel proprement dit, mais également des inhibiteurs de corrosion, antirouille, antimousse, etc. qui protègent les éléments métalliques (fonte, acier, aluminium, cuivre et laiton) des moteurs et radiateurs. C'est la raison pour laquelle l'usage d'un liquide de refroidissement est conseillé durant toute l'année et quelle que soit la région.

Traditionnellement, le composé antigel utilisé dans les liquides de refroidissement est l'éthylène glycol (EG). Très toxique et corrosif pour la carrosserie, il est parfois remplacé par un propylène glycol (PG), plus coûteux mais moins toxique. Il faut noter que le point de congélation le plus bas est atteint avec un mélange de glycol et d'eau (60%-40%), et non de l'antigel pur. D'autre part, le mélange avec l'eau réduit le point d'ébullition a priori très élevé des glycols. Il est donc déconseillé d'utiliser un liquide de refroidissement trop dilué ou trop concentré.

Si les liquides de refroidissement sont réputés non miscibles entre eux, cela ne vient pas tant de leur base antigel, que de leurs additifs et inhibiteurs divers (SCA pour Supplemental Coolant Additives).

  • Gamme minérale (IAT)

La première technologie, dite IAT (Inorganic Acid Technology), utilise un antigel basé sur l'éthylène glycol ou le propylène glycol et contient des inhibiteurs de corrosion inorganiques et autres additifs minéraux, tels les phosphates et silicates pour les plus courants. Les produits de la gamme minérale sont traditionnellement de couleur verte, mais on trouve aussi des liquides bleus ou jaunes. Toxiques et agressifs pour la carrosserie, les liquides de type IAT avaient une durée de vie limitée à 1 à 2 ans. Cette gamme de produits a pourtant beaucoup évolué au cours du temps. La principale modification vient de la suppression des phosphates apparue dès les années 80 en Europe, là où l'eau du robinet est généralement dure (charge calcaire). Les phosphates précipitent en présence du calcium, réagissant avec l'aluminium pour former un dépôt gélatineux colmatant les canalisations et formant un dépôt dur dans le radiateur. En outre, la réaction entraîne une augmentation sensible du pH qui accélère le processus de corrosion de l'aluminium. Ainsi, de nos jours, les liquides minéraux n'introduisent plus de phosphates, ni borates, ils sont moins agressifs vis-à-vis des peintures et présentent une durée de vie de 2 ans ou 50.000 km (30,000 miles)

  • Gamme organique (OAT)

Avec l'intensification de l'usage de l'aluminium dans l'automobile, notamment pour les radiateurs plus légers et assurant un meilleur refroidissement, on a vu apparaître une nouvelle gamme de liquides organiques, dite OAT (Organic Acid Technology), dès les années 80 en Europe et une dizaine d'années plus tard en Amérique du Nord. Des acides organiques (sébacates, acide 2-éthylhexanoïque ou 2-EHA, carboxylates...), se substituent aux additifs minéraux dans les liquides de refroidissement. Ces composés organiques ne provoquent plus d'inconvénients avec l'aluminium. En outre, ils réagissent mieux aux variations de pH de l'eau et ont une durée de vie plus longue. Mais les réactions chimiques particulières mises en œuvre ne protègent plus nécessairement aussi bien les organes en cuivre et laiton (sauf certains triazoles). Par conséquent, selon leurs types d'additifs, leur usage peut être jugé dangereux dans des radiateurs traditionnels, voire pour les soudures et la pompe à eau. Mais ces produits ont aussi évolué au cours des deux dernières décennies. Ainsi, l'acide 2-EHA qui a la réputation de ramollir les élastomères (plastiques), est de moins en moins présent, tandis que certains liquides OAT se sont totalement spécialisés pour les moteurs faisant largement appel à l'aluminium. Initialement, les liquides OAT étaient de couleur rouge ou orange, mais ils sont désormais disponibles en vert, rose ou bleu. La durée d'un liquide de type OAT est de 5 ans ou 250.000 km (150,000 miles). Certains OAT récents sont annoncés avec une durée plus longue encore (ELC / XLC / LLC) et se prétendent inertes vis-à-vis des plastiques et peintures.

  • Gamme semi-organique ou hybride (HOAT)

Dès les années 2000, on a vu apparaître des liquides hybrides (HOAT), mélangeant des additifs minéraux sélectionnés aux additifs organiques, par exemple silicates stabilisés et OAT (Si-OAT) ou nitrates et OAT (NOAT). Le benzoate est en outre souvent utilisé parmi les inhibiteurs, alors que les nitrites, par contre, sont évités car ils peuvent produire des composés cancérigènes par combinaison avec d'autres additifs. Ces liquides sont censés présenter les avantages combinés des deux technologies et ils conviennent aux circuits de refroidissement légers et lourds. Souvent de couleur jaune (mais sans exclusive aucune), leur durée de vie est de 5 ans ou 250.000 km (150,000 miles), parfois plus.

  • Liquides de grande longévité (LLC, ELC/XLC)

Avec les (H)OAT sont apparus des liquides dits de "grande longévité" (LLC ou ELC/XLC pour Long ou Extended Life Coolant). Le recyclage de liquides de longue durée est différent de celui des autres liquides de refroidissement, et leur mélange est déconseillé par les constructeurs. Sur ce point, les avis sont pourtant partagés, surtout vis-à-vis des produits récents. Mais en tout état de cause, le mélange provoque la perte de la longévité typique des (H)OAT. D'autre part, si avec les liquides de refroidissement traditionnels, un appoint d'antigel concentré est permis, les liquides de longue durée sont essentiellement disponibles sous forme diluée et leur usage ne prévoit que des purges et remplissages complets et largement espacés (> 5 ans).

  • Liquides universels

Actuellement la plupart des liquides de refroidissement sont qualifiés d'universels. Souvent de type organiques, ils contiennent tous les ingrédients chimiques nécessaires à la protection des moteurs automobiles, mais excluent la présence de nitrites, amines et phosphates (NAP) pour limiter les résidus de corrosion. Les liquides universels hybrides, contrairement aux liquides universels de type OAT, contiennent une faible proportion de silicates stabilisés et éventuellement des nitrites pour leur efficacité contre le phénomène de cavitation. Ils ont une durée de vie généralement moins longue que celle des liquides de grande longévité, mais prétendent convenir à tous les circuits de refroidissement des moteurs thermiques.

  • Liquides complètement formulés

Les liquides qualifiés de complètement formulés contiennent tous les additifs (SCA) prévus par la directive ASTM-6210, nécessaires la protection des moteurs lourds (diesel camion, marine, industrie, où de savants mélanges d'additifs étaient préalablement requis) et, accessoirement, automobiles. De ce fait, ils apparaissent comme des liquides de refroidissement universels.


Produits

Les glycols

  • Glycol ou polyol ou polyalcool : composé chimique organique caractérisé par un certain nombre de groupes hydroxyles (-OH) et plus particulièrement par la présence d'au moins deux groupements alcools (carbone lié à un groupement hydroxyle). La formule générale est donc CnH2n+2On.
  • Èthylène glycol (EG) ou monoéthylène glycol (MEG) : le plus simple composé chimique de la famille des glycols (C2H6O2) utilisé comme antigel dans les liquides de refroidissement depuis les années 1930. Aspect visqueux, incolore et inodore. Il paraît qu'il a un goût sucré, mais comme il est très toxique il vaut mieux éviter cette expérience (un amérisant est d'ailleurs introduit dans les liquides de refroidissement à titre de répulsif). Facilement biodégradable. Point eutectique de -60°C atteint à 60% de mélange à l'eau (le point de congélation remonte pour les taux de concentration supérieurs, jusqu'à -20°C pour de l'éthylène glycol pur). Point d'ébullition supérieur à 150°C (entre 100°C et 120°C dans un mélange standard).
  • Propylène glycol (PG) ou monopropylène glycol (MPG) ou propane 1,2 diol : (formule brute C3H8O3 mais nombreux isomères) liquide incolore, inodore, hygroscopique et visqueux, généralement considéré comme non toxique (certains isomères sont utilisés dans l'industrie alimentaire comme agent humectant, de dispersion ou de glaçage). Moins biodégradable et souvent plus cher que l'éthylène glycol.
  • Polypropylène glycol : polymère du propylène glycol.

Les additifs

Les rejets des eaux usées additionnées d'acides minéraux ou organiques sont toxiques et nocifs pour l'environnement.

  • Principaux additifs minéraux :
    • Borates : Sels d'acide borique (H3BO3) utilisés pour maintenir le pH dans une plage donnée ("tampon borate") et, secondairement, comme agent nettoyant. Considérés comme très corrosifs vis-à-vis de l'aluminium.
    • Molybdates : Sels d'acide molybdique (H2MoO4) utilisés à la place ou en combinaison des nitrites pour la prévention des piqûres des chemises de cylindre et l'effet de cavitation.
    • Nitrates : Sels d'acide nitrique (HNO3). Additif à large spectre particulièrement efficace dans la prévention de la rouille (corrosion de l'acier et du fer) et pour protéger l'aluminium et les soudures.
    • Nitrites : Sels d'acide nitreux (HNO2). L'ion nitrite se lie aux métaux et forme un film microscopique en transformant la rouille (oxyde ferrique) tendre, en une carapace dure de Fe3O5. Constitue de ce fait le plus important additif utilisé pour la prévention de l'effet de cavitation. Le mélange de nitrite et d'amines peut conduire à la formation de nitrosamines cancérigènes. Les fortes concentrations de nitrites attaquent également les soudures du radiateur.
    • Phosphates : Sels dérivés de l'acide phosphorique (H2PO4). Possèdent un bon pouvoir anticorrosion vis-à-vis de la plupart des métaux et contribuent efficacement au maintien du pH du liquide (effet "tampon"; moins solubles mais moins chers que les borates). L'inconvénient majeur des phosphates est qu'ils précipitent en présence d'eau dure.
    • Silicates : Sels dérivés de la silice (SiO2). Protègent bien l'aluminium et le cuivre, et présentent une bonne stabilité à l'eau dure. Mais ils se dégradent rapidement à haute température. S'ils ne sont pas stabilisés, ils forment un gel capable de colmater le système de refroidissement. Les stabilisants de silicates étant des produits chimiques onéreux, ils sont rarement présents dans les liquides de refroidissement bon-marché.
  • Principaux additifs organiques :
    • Amines : Composés organiques dérivés de l'ammoniac (NH3) où 1, 2 ou 3 hydrogènes sont remplacés par un groupement carboné. Utilisés pour prévenir la formation d'acide carbonique, source de corrosion (bicarbonate ferreux par ex.) et pour déposer un film protecteur sur les surfaces métalliques du système de refroidissement. Associées à des nitrites les amines peuvent conduire à la formation de nitrosamines cancérigènes.
    • Carboxylates : Les acides carboxyliques sont des acides organiques très répandus dans la nature (ex. acide formique) et dans l'industrie. Leur molécule est formée d'un groupe organique et d'un carboxyle (R-COOH avec R = groupe organique). Les sels carboxylates associent l'ion carboxylate COO- à un métal tandis que les esters l'associent à un autre groupe organique. Inhibiteurs de corrosion des métaux, ils déposent lentement un film protecteur sur les parois du système de refroidissement. Ils présentent en outre une très bonne stabilité thermique (point d'ébullition très élevé). Agissant catalytiquement sur la corrosion, ils conservent longtemps leurs propriétés anticorrosives.
      • Sébacates : Composés organiques issus de l'acide sébacique ou décanedioïque (COOH-(CH2)3-COOH). Sous forme solide, ils exigent de la chaleur pour être dissous dans un liquide et ils présentent une moins bonne solubilité en eau dure.
      • Acides 2-éthylhexanoïque ou 2-EHA : Les acides 2-EHA sont peu sensibles à la dureté de l'eau mais ils ont la réputation de ramollir les élastomères (plastiques), ce qui pose des problèmes aux joints d'étanchéité (et à l'hélice de la pompe si elle est en plastique...).
    • Triazoles : Les azoles sont des composés organiques à 5 éléments comprenant des atomes d'azote et de carbone (hétérocycles). Les triazoles ont des cycles formés de 3 atomes d'azote et 2 de carbonne. Parmi ceux-ci, le benzotriazole et le tolyltriazole (TTZ) sont largement utilisés dans les liquides de refroidissement pour inhiber la corrosion du cuivre et du fer. TTZ est généralement préféré en raison de son coût moindre. Les divers azoles ont tendance à former un film protecteur sur les surfaces métalliques. En outre, ils précipitent les ions cuivre solubles. La précipitation empêche leur transport vers les surfaces ferreuses, où des réactions galvaniques entre les ions cuivre et les atomes de fer conduisent à une corrosion par piqûres du métal ferreux. Cependant, utilisés en combinaison avec des halogènes oxydants (chlore, brome, etc.), la protection contre la corrosion se dégrade.

L'eau

Si le liquide de refroidissement est concentré, il faut le diluer avec de l'eau diminéralisée ou déionisée, dont le pH est toujours légèrement acide. En cas d'urgence, l'eau de table Spa Reine (eau minérale naturelle la moins riche en minéraux) convient pour un appoint.

  • Eau déminéralisée : eau traitée selon un processus quelconque permettant d'éliminer tous les minéraux contenus. Le processus le plus courant est l'échange d'ions (eau dé-ionisée). À la sortie du processus, le pH est d'environ 7, mais l'eau déminéralisée dissout rapidement le CO2 de l'air amenant le pH à une valeur légèrement acide (environ 5,8).
  • Eau dé-ionisée : élimination des polluants dissous électriquement chargés (ions) par passage à travers des résines échangeuses d'ions. Peut théoriquement enlever la totalité des sels, mais pas les composés organiques, sauf fortuitement ou selon des processus plus complexes (par ex. osmose inverse). L'eau dé-ionisée cherche rapidement à récupérer des charges et, par conséquent, elle est jugée relativement "agressive" vis-à-vis des métaux.
  • Eau distillée : eau portée à ébullition dont les vapeurs sont recondensées par refroidissement. Les polluants dissous (minéraux et organiques) ne sont pas entraînés par la vapeur. Par contre les polluants volatils peuvent être portés à ébullition et se recondenser dans l'eau distillée.
  • Eau adoucie : réduction de la dureté de l'eau par déminéralisation partielle, soit l'élimination du calcaire. Les ions de calcium et de magnésium sont remplacés par des ions de sodium. Ne constitue pas une eau totalement déminéralisée.

L'eau pure est un médiocre conducteur électrique. La pureté de l'eau se mesure par sa conductivité (microSiemens par cm) ou sa résistivité (en mégaOhm.cm). Chaque application réclame une conductivité distincte. Une eau pure présente en moyenne une conductivité comprise entre 0,1 et 1 microS/cm et une résistivité comprise entre 1 et 10 MOhm.cm.

La dureté de l'eau traduit la concentration d'ions de calcium et de magnésium. Chauffée à 60°C, l'eau dure provoque l'apparition d'un précipité : le tartre. La dureté se mesure en degrés français (df ou °f) ou titre hydrotimétrique (TH ou GH en allemand). Une unité correspond à une teneur de 10 mg/l de carbonate de calcium (CaCO3), soit 4 mg de calcium ou 2,4 mg de magnésium par litre d'eau.

Minéraux
Concentration maximale
Calcium
< 170 ppm
Magnésium
< 170 ppm
Chlorure
< 40 ppm
Sulfate
< 100 ppm
Dureté
< 20° TH
pH
5,5 à 6,5

ppm : partie par million (ou mg / l)


Spécifications

Les caractéristiques du liquide de refroidissement

Paramètres
Définitions et valeurs nominales
Densité

Density

~ 1,1 à une température ambiante (15-20°C) et variable selon le taux de concentration. La densité augmente avec le vieillissement par évaporation de l'eau.
pH
pH
potentiel Hydrogène légèrement basique à basique (7,5 - 11). S'il devient acide (< 7), cela traduit généralement la présence de gaz d'échappement dans le liquide.
Réserve d'alcalinité
Reserve alcalinity
Capacité de neutralisation de l'acide (susceptible de venir des gaz de combustion) sans faire chuter brusquement le pH. S'exprime en quantité (ml) d'acide chloridrique (0,1 n HCl) pour faire baisser le pH à 5,5 (test ASTM D 1287). Traditionnellement > 10, mais a tendance à diminuer dans les liquides modernes.
T° de congélation
Freezing point
Apparition des premiers cristaux dans le liquide dilué (test ASTM D 1177). Ex. -38°C à 50 %
T° d'ébullition
Boiling point
Non dilué, > 100°C (de 105 à > 150°C).

Les principaux problèmes à combattre ou à éviter

  • Acidité : L'oxygène de l'air acidifie le liquide de refroidissement. Mais une augmentation sensible de l'acidité (diminution du pH) traduit une fuite (au niveau du joint de culasse par exemple) permettant l'introduction d'acide issu des gaz de combustion dans le liquide de refroidissement. L'acidité engendre une augmentation de la corrosion des surfaces métalliques (acier, fonte, aluminium).

  • Cavitation : Formation de bulles de vapeur due, non pas à une augmentation de température, mais à une dépression. Celle-ci apparaît suite à l'aspiration de l'hélice de la pompe ou des vibrations dans les chemises de cylindres (particulièrement dans les moteurs diesel). La vapeur augmente le volume de liquide et les bulles migrent vers une zone où la pression devient si forte qu'elles implosent violemment. Les chocs ainsi créés sont capables d'endommager très sérieusement les parois en contact avec le liquide.
Par aspiration: érosion du couvercle
Par vibration: piqûres du cylindre
  • Joints d'étanchéité : Certains acides organiques, en particulier l'acide 2-EHA, ont la réputation de s'attaquer aux caoutchoucs naturels et synthétiques susceptibles d'être présents dans les joints d'étanchéité et les pièces en plastiques du circuit de refroidissement (pompe à eau, durites, joints...).
  • Mousse : L'introduction d'air dans le liquide engendre des bulles (moussage) qui créent des piqûres sur les surfaces métalliques non protégées et qui peuvent amplifier le processus de cavitation.
  • Rouille : Oxydation des surfaces métalliques engendrant leur usure et mettant en circulation des débris colmatant les conduits.
  • Tartre : Solidification des composés de calcium et de magnésium présents dans les eaux dures. Le tartre bouche les canalisations et se dépose sur les parois, engendrant la création de "points chauds". Il en résulte une dilatation non uniforme des métaux, provoquant rayures, grippages et finalement fissuration des parois.

Les couleurs

Les colorants ont été introduits dans les liquides de refroidissement pour les différencier et éviter les mélanges intempestifs. Au début les choses étaient simples et cette différenciation avec un sens : les IAT étaient de couleur verte, tandis que les premiers OAT étaient rouges ou oranges. Quelques constructeurs automobiles prescrivaient leur propre gamme de produits dans des couleurs spécifiques, tels le bleu (VW par exemple) ou le jaune (type D de Renault). Mais avec l'évolution constante et la multiplication des types de liquides de refroidissement, la codification par couleur a perdu de son utilité. Le tableau ci-dessus le démontre en suffisance (il ne s'agit pas de liquides nécessairement recommandés pour la MG B !).

Marque Couleur
Technologie
Liquide de refroidissement concentré
Glysantin Protect+ G48  
Si-OAT
Glysantin Alu Protect G30  
OAT
Liquide de refroidissement dilué
CoolElf Classic -26°  
IAT sans phosphates
CoolElf AutoSupra -26°  
OAT
CoolElf Plus -37°  
Si-OAT
Shell Antifreeze Multi 25  
HOAT
Castrol Antifreeze SF-RDK  
OAT
VW G11  
IAT sans phosphates
VW G12  
OAT
GM Dex-Cool  
OAT (avec 2-EHA)
BMW  
HOAT
Mercedes G05  
HOAT

 

Recommandations

À l'époque de la MG B, le liquide de refroidissement le plus répandu est du type IAT. Mais depuis, différents problèmes ont été identifiés quelle que soit la technologie. Les IAT avec phosphates posent des problèmes sur l'aluminium, les OAT risquent de ne pas bien protéger le cuivre, et ceux contenant de l'acide 2-EHA peuvent détériorer les plastiques... À la lecture des spécifications actuelles des producteurs, tous ces défauts sont corrigés, mais il n'empêche que chaque produit reçoit des approbations distinctes des constructeurs (et MG n'est plus du nombre, bien entendu). L'installation possible mais non standard d'un radiateur en aluminium sur la MG B (plus léger, plus joli et plus cher !) réclame évidemment une attention supplémentaire sur le choix du liquide de refroidissement.

  • Recommandations classiques

Le manuel de maintenance de la MG B 1978 différencie le pays d'origine pour recommander l'antigel. En Amérique du Nord, un liquide IAT répondant aux spécifications SAE J-1034 est recommandé. En Grande-Bretagne le liquide universel UNIPART ou tout autre liquide répondant aux normes britanniques B.S.3151 (Type B) ou B.S.3152 (Type C) est requis. Ces derniers sont à base d'éthylène glycol et contiennent respectivement du nitrite de sodium ou du tétraborate de sodium, mais les normes datant de 1959, ces liquides restent corrosifs vis-à-vis de certains alliages d'aluminium. Depuis lors, les normes ont évolué. La version d'avril 1991 de la recommandation SAE J-1034 donne les caractéristiques de performance admissibles pour les liquides de refroidissement concentrés à base d'éthylène glycol compatibles avec l'aluminium pour les véhicules de tourisme. La même année, l'AFNOR édite sa norme BF R.15-601 sur les qualités minimales des antigels, tandis que le British Standards publie en particulier la norme B.S.6580 en 1992.

Le site The MG Experience consacre une rubrique aux liquides de refroidissement modernes. Il suggère un liquide IAT de la marque Valvoline (Zerex Original Formula Anti-Freeze "Green"). Sa feuille de specs précise qu'il contient une faible teneur en silicate, mais ne dit rien des autres additifs minéraux, en particulier les phosphates. Il est vrai que le problème de la dureté de l'eau est typiquement européen. À défaut, le même site MG suggère un liquide "universel".

  • Offre actuelle

Avec une radiateur traditionnel, un liquide universel moderne généralement sans NAP (nitrites, amines, phosphates) doit convenir. Il s'agira d'un liquide de la gamme semi-organique (HOAT notamment avec silicone Si-OAT) ou organique (OAT préférentiellement sans composant 2-EHA). On note que le Glysantin G05 (*) se présente comme un HOAT à faible teneur en silicates et en nitrites, convenant pour les anciens moteurs (non aluminium). Attention, les liquides prêts à l'emploi ne sont pas tous dilués au même taux (33% ou 50% généralement).

Quelques fiches techniques des liquides de refroidissement
compatibles avec la MG B 1978 (PDF)

Liquides concentrés
Liquides dilués
Glysantin Protect G05 (*)
Glysantin Protect+ G48 (*)
CoolElf Auto Supra -37°
Castrol SF Premix
HOAT avec nitrites et silicates
mais sans AP
HOAT avec silicates
mais sans NAP
OAT LLC
OAT LLC
(*) Les différents types de Glysantin (GO5, G30, G48...) entrent dans la composition de
nombreux liquides de refroidissement commercialisés par des marques diverses (Mobil, Valvoline...),
tant en version concentrée qu'en version diluée.

Dans le cas d'un radiateur aluminium, la plupart des produits cités ci-dessus prétendent convenir. On peut aussi se tourner vers des liquides de refroidissement spécialement étudiés pour ce métal, comme ceux à base de Glysantin G30. On notera également qu'un radiateur en alu ayant contenu du liquide de refroidissement ne peux rester vide et à l'air très longtemps (24-48h), sous peine de corrosion sévère. Lors du dépôt du radiateur par exemple, il faut colmater les ouvertures ou, mieux, le remplir de liquide de refroidissement.

  • Purge - nettoyage - remplissage

La compatibilité des liquides de refroidissement restant problématique (particulièrement entre IAT et OAT), il vaut mieux procéder à une purge complète avant de changer de type de liquide. Le renouvellement du liquide de refroidissement devrait être réalisé tous les deux ans, même si les liquides universels actuels sont de type LLC - ELC/XLC. Après chaque purge, un ou deux rinçages à l'eau, ou avec un liquide de nettoyage spécial, sont nécessaires avant le remplissage définitif. Un "nettoyage" suppose le remplissage, la montée en température (moteur tournant durant environ 10 minutes) et une purge complète. Pour rappel, la capacité du système de refroidissement, chauffage compris, est de 6,8 litres (MG B 1978), mais le chauffage et le vase d'expansion ne peuvent être vidangés en même temps.

  • Mélange

Les proportions du mélange varient selon les conditions de sévérité hivernale, mais la concentration d'antigel ne devrait pas être inférieure à 33%, ni dépasser 60%.

Liquide de refroidisement
concentré
Eau
déminéralisée
T° limite de protection
12 %
88 %
-5°C
25 %
75 %
-12°C
33 %
67 %
-17 à -20 °C
50 %
50 %
-35 à -40 °C
60 %
40 %
=~ -50 °C


Références


© JP Donnay 2003 à 2014
Créé le 27 juin, 2003 - Mise à jour de la page le 23 décembre, 2013