Prince Charles
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Gentlemen MG Drivers

Les voitures

     

Préambule : cette rubrique n'est absolument pas impartiale !

La voiture du conducteur gentleman ?

Gentleman est un mot aujourd'hui difficilement traduisible en français, même s'il provient du terme « gentilhomme » qui est réservé dans l'ancien régime aux nobles d'extraction. Le terme conserve néanmoins une connotation qualitative en français, alors qu'en anglais, il est désormais plutôt galvaudé. Certains s'en offusquent d'ailleurs et tentent de lui rendre un certain prestige. Pourtant, être un gentleman est plus une question d'attitude et de comportement, que d'appartenance à une classe, d'apparence ou d'accessoires. Mieux encore, it's an aspiration that comes from the lifetime pursuit of personal betterment, self-awareness, and motivation *.

Un conducteur se comportant comme un gentleman doit donc s'efforcer de respecter certains principes, résumés en 25 règles d'or sur le site du  Gentleman's Journal **, quel que soit le véhicule qu'il conduit.

Mais un gentleman peut-il se permettre de conduire n'importe quel type de véhicule ou, plus précisément dans le cas qui nous occupe, n'importe quel type de voiture ? La retenue, voire la discrétion, étant le premier principe de son code de conduite, on voit mal un gentleman conduire une voiture ostentatoire par la forme, la taille, la couleur ou les accessoires, ni bien sûr un véhicule apparenté aux utilitaires !

Les voitures anciennes, avant l'avènement des SUV et autres monstruosités modernes, offraient un choix fort vaste aux conducteurs-gentlemen, même si l'on réduit l'ancienneté à quelques décennies et que l'on évite les voitures de prestige et autres "super-cars". Ainsi, en Grande-Bretagne, outre les RR, Bentley, Alvis et autres Bristol, les marques Jaguar, Riley, Jensen, et même Triumph, MG et Roover, par exemple, ont produit des modèles dans le genre. À côté des superbes Facel-Vega, les marques Citroën (DS, SM, voire CX) et Peugeot (504 coupé et cabriolet, et 406 coupé) étaient dignes de véhiculer des gentlemen français. Parmi les italiennes, Fiat parvenait à glisser quelques beaux modèles parmi les Alfa, Lancia et Maserati. Il a fallu un peu de temps après la Seconde Guerre mondiale pour que les constructeurs allemands retrouvent du panache, mais à côté des Audi, BMW et autres Mercédès qui donnent le ton aujourd'hui, on retrouvaient aussi dans les années 60 les Glas, Borgward et NSU (RO80 et VW K70). Quelques américaines pouvaient même être très distinguées, comme l'originale Studebaker Avanti, voire à la limite les toutes premières Thunderbird et Mustang.

Entre les années 50 et la fin des années 70, le gentleman-driver avait vraiment un choix très vaste, dont on ne trouve ici que quelques exemples emblématiques. Vous les reconnaissez ?

MG : une voiture pour le gentleman-driver ?

Avant guerre, MG avait dans son catalogue plusieurs berlines plutôt luxueuses, qui devaient faire le bonheur des gentlemen d'Outre-Manche. Les modèles saloon et salonette des Magna et Magnette en sont témoins. Les coupés Airline sont aussi à retenir, bien qu'un peu exigus, mais les séries SA-VA-WA sont les plus abouties dans le genre. Juste après la Seconde Guerre mondiale, les séries Y (A et B) prolongent cette tradition. Les Magnette Z et Mark IV qui suivront dans les années 50 restent dans la lignée, mais perdent en originalité tant sont nombreuses les marques qui partagent les mêmes lignes générales. Il en va de même pour le modèle d'Issigonis, baptisé 1100 / 1300 "Sports Sedan" chez MG, mais décliné dans toutes les marques du groupe BMC. La voiture est sensiblement plus petite que les Magnette précédentes, et rompt totalement avec la tradition du point de vue mécanique. Il n'en reste pas moins que, très bien finie - en particulier dans sa version Princess -, relativement puissante et confortable, elle ne dépareillait pas l'équipage du gentleman de l'époque.

Magnette KN
Midget PA Airline Coupé
SA Saloon
YB Duo-tone
Magnette ZBV Duo-tone
MG 1100 Princess

Mais que dire des roadsters MG, d'avant ou d'après-guerre qui n'offrent que 2 places ? Si le conducteur, en vrai gentleman, est soucieux de pouvoir proposer à ses contemporains de les conduire lors de leurs déplacements communs, tant professionnels que privés, les roadsters s'avèrent sans doute trop exigus dans bon nombre de situations.

Pourtant, la ligne de la MG B est unanimement décrite comme intemporelle, simple et élégante. Autant d'atouts qu'il est possible de retrouver dans une large mesure dans la version B GT. Préférentiellement avec des pare-chocs chromés, et pourquoi pas avec une motorisation V8, elle justifie son sobriquet d'Aston-Martin du pauvre (tout est relatif...). Les 2 places arrière sont évidemment étroites, mais c'est la concession à faire pour forcer l'entrée de la MG B dans la liste des voitures dignes d'un gentleman-driver.

La seule MG B pour gentleman-driver ? Ici comparée à la DB6, son modèle de légende

* Schneider S.R. (2016) What it means to be a gentleman today ? Gentleman's Gazette (November 13th, 2016) :
https://www.gentlemansgazette.com/gentleman-what-it-means-today/

** Gentleman's Journal (2016) The 25 golden rules of driving etiquette :
http://www.thegentlemansjournal.com/25-golden-rules-driving-etiquette/
(October 18th, 2016).

 

 


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Créé le 27 juin, 2003 - Mise à jour de la page le 17 novembre, 2016