Types de liquides

  • A base minérale : réservés à quelques véhicules particuliers, à centrale hydraulique (ex. LHM pour Citroën). De couleur rouge ou verte, ces liquides ne sont pas miscibles avec d'autres liquides de frein.
  • Synthétiques : à base de polyglycols, de couleur ambre, les plus courants : DOT 3, DOT 4 et DOT 5.1 (attention ne pas confondre avec DOT 5 ci-dessous). Miscibles entre eux et compatibles avec tous les caoutchoucs synthétiques d’étanchéité des circuits de freinage modernes. Ils sont classés selon plusieurs critères dont leur point d’ébullition (indice fixé par le Department Of Transportation - DOT - américain).
    • Liquides de frein pour compétition : liquides synthétiques caractérisés par une très haute température d'ébullition à sec, mais très sensibles à l'humidité. Réclament des purges fréquentes (avant chaque course). Prix très élevé et réservé à l'usage auquel il est destiné.
  • Silicone : de couleur violette, qualifié de DOT 5, ce type de liquide n'est pas hygroscopique (n'absorbe pas l'eau, ce qui ne signifie pas que l'eau ne peut pas rentrer par inadvertance dans le réservoir !). Il autorise dès lors une longue immobilisation du véhicule, tout en restant opérationnel. En outre, dans le cas d'éclaboussures, il n'est pas corrosif envers la peinture de la carrosserie. Il n'est pas miscible avec les liquides synthétiques.
  • Passage du synthétique au silicone : il faut un circuit parfaitement propre (démontage) pour passer d’un liquide synthétique au liquide silicone. De plus, les liquides aux silicones imbibent très rapidement les joints d’étanchéité caoutchoucs. Cela provoque un gonflement des joints soumis jusque-là à un liquide synthétique, qui peut avoir des conséquences désastreuses sur l’intégrité du circuit hydraulique. Il est donc préférable de changer les joints lors du passage d'un liquide synthétique à un liquide silicone.


Spécifications

  • Points d’ébullition : températures minimales auxquelles le liquide de frein commence à bouillir, c'est-à-dire au moment où apparaissent des bulles incompressibles dans le circuit de freinage, rendant ce dernier inefficace.
    • A sec (ERBP : Equilibrium Reflux Boiling Point): lorsque le système de freinage ne contient pas d'eau
    • Humide (wet ERBP): lorsque le système contient 3,7% de volume d'eau
  • Viscosité : coefficient de viscosité cinétique mesurée à basse température, devant garantir une fluidité suffisante pour garder le circuit de freinage efficace par temps froid
  • Effets sur le caoutchouc : la compatibilité du liquide de frein avec les joints et autres éléments en caoutchouc du système de freinage est notamment mesurée, selon la norme SAE J1703, par la variation du volume à différentes températures, et par un indice d'amollissement exprimé en RHD (Rubber Hardness Decrease). De plus, le caoutchouc ne doit présenter aucune désintégration
  • Autres caractéristiques : pH, stabilité du fluide, corrosion, fluidité et apparence à basse température, évaporation, résistance à l'oxydation, etc. (voir le document PDF : DOT, 2005. TP-116-04)

 

Caractéristiques
DOT 3
DOT 4
DOT 5.1
DOT 5
Point d'ébullition à sec
205°C / 401°F
230°C / 446°F
260°C / 500°F
260°C / 500°F
Point d'ébullition humide
140°C / 284F
155°C / 311°F
180°C / 356°F
180°C / 356°F
Viscosité - 40°C (en cST)
1500 max
1800 max
900 max
900 max
Viscosité +100°C (en cST)
1,5 min
1,5 min
1,5 max
1,5 max
Effets sur le caoutchouc (SAE J1703)
Changement de volume (%) à 70°C
0-10
Ramollissement (RHD) à 70°C
10 max
Changement de volume (%) à 120°C
0-10
Ramollissement (RHD) à 120°C
15 max


Recommandations

Danger du "Vapour lock"

La force de freinage appliquée à la pédale est transmise par le liquide de frein circulant dans le circuit hydraulique. Les liquides étant incompressibles, la force est transmise instantanément et sans déperdition vers les plaquettes qui se serrent sur le disque de frein. Le frottement des plaquettes contre les disques peut créer une montée en température de plusieurs centaines de degrés ! Lorsque les freins sont souvent sollicités, cette chaleur se transmet inévitablement à l'ensemble du circuit et dégrade le liquide de frein.


Par sa composition, le liquide de frein (non silicone) est hygroscopique, c'est à dire qu'il absorbe de l'eau petit à petit. L'absorption de l'humidité contenue dans l'air abaisse le point d'ébullition du liquide de frein dans des proportions importantes : de 230°C à 165°C avec seulement 3% d'eau. Lors d'un freinage important, des bulles d'air se forment dans le système de freinage ("vapour lock"). Le liquide de frein se trouvant en ébullition, des gaz compressibles se trouvent mélangés au liquide et les freins risquent de ne plus répondre, car la course de la pédale va au plancher.

DOT 5 ou DOT 4 ?

Si, en théorie, le liquide au silicone (DOT 5) présente des avantages incontestables (longévité, non hygroscopique, non corrosif), son efficacité au quotidien est remise en cause par beaucoup d'utilisateurs (trop forte viscosité, absorption d'air et corrosion...). Son usage est réservé à des conditions spécifiques (utilisation limitée du véhicule, freinage peu intensif...). En outre, les précautions à prendre lors du changement de liquide de frein, d'un synthétique à un silicone, sa plus grande rareté dans le commerce et son prix plus élevé jouent en sa défaveur.

Les meilleures propriétés du DOT 4 par rapport au DOT 3 quant aux points d'ébullition, en font le produit recommandé. Il est de plus, très largement distribué dans le commerce et tous les produits de ce type sont miscibles entre eux. Cependant, sa plus grande facilité à absorber l'humidité impose des vidanges plus fréquentes pour éviter l'oxydation des organes de freinage. En outre, il doit être manipulé avec beaucoup de précautions car il est très corrosif pour la peinture de la carrosserie.

Vidange

La vidange du liquide de frein peut intervenir lors de l'entretien du véhicule ou du remplacement d'une partie du système de freinage. La vidange du circuit de freinage est suggérée :

  • DOT 3 : tous les 2 ans
  • DOT 4 et 5.1 : tous les ans
  • DOT 5 : tous les 4 ou 5 ans

Le liquide de frein constitue un déchet dangereux : polluant pour l'air (brûlage) et/ou l'eau (ruissellement), irritant pour la peau et les yeux et très nocif (voire mortel) à l'ingestion. Le liquide récupéré peut être stocké dans des conteneurs étanches, en mélange avec des huiles usées. Ce mélange peut être régénéré (liquide d'origine minérale) ou plus généralement valorisé énergiquement.



 Références

© JP Donnay 2003 à 2014
Créé le 27 juin, 2003 - Mise à jour de la page le 23 décembre, 2013